Quand les liens entre frères et sœurs deviennent difficiles
Les liens entre frères et sœurs comptent souvent parmi les relations les plus longues de notre vie. Ils peuvent être faits de complicité, de solidarité et d’attachement mais aussi de rivalités, de blessures anciennes, de silences ou d’injustices qui continuent parfois à se rejouer bien après l’enfance.
Une thérapie de fratrie peut offrir un espace pour comprendre ce qui s’est construit entre frères et sœurs, entendre des vécus parfois très différents d’une même histoire familiale et tenter de remettre du mouvement là où le lien s’est figé.
Nous avons grandi dans la même famille… mais pas nécessairement dans la même histoire
Une fratrie partage des parents, une histoire familiale et de nombreux souvenirs. Pourtant, chacun y a occupé une place différente.
L’aîné, le cadet ou le benjamin n’ont pas nécessairement connu les mêmes parents au même moment de leur vie. Certains ont été davantage protégés, responsabilisés, valorisés ou au contraire moins entendus. Des événements familiaux (maladie, séparation, deuil, difficultés financières, violences ou secrets) peuvent également avoir été vécus très différemment par chacun.
Il arrive alors qu’à l’âge adulte deux frères ou deux sœurs parlent de leur enfance et aient presque l’impression de raconter deux familles différentes.
Le travail thérapeutique ne consiste pas à déterminer quelle version serait la « bonne » mais à permettre à chacun de faire entendre son vécu et lorsque cela est possible, d’entendre celui de l’autre.
Quand les anciennes places continuent à organiser la relation
Dans une fratrie se construisent très tôt des places, parfois explicitement attribuées par la famille, parfois progressivement adoptées : celui qui protège, celle qui réussit, celui dont on s’inquiète, celle qui prend soin des autres, le rebelle, le discret…
Ces places peuvent avoir été utiles à un moment de l’histoire familiale et continuer pourtant à peser sur les relations des années plus tard.
Une remarque apparemment anodine peut alors réveiller une ancienne rivalité. Une décision concernant un parent vieillissant peut faire resurgir le sentiment d’avoir toujours davantage donné que les autres. Un héritage peut réveiller des questions de reconnaissance ou de justice bien antérieures aux questions matérielles.
C’est souvent dans ces moments que l’histoire de la fratrie réapparaît avec une intensité inattendue.
Pourquoi consulter en fratrie ?
Une thérapie de fratrie peut être envisagée lorsque les conflits se répètent, que le dialogue s’est rompu ou qu’un événement (vieillissement ou décès d’un parent, succession, éloignement ou crise familiale) vient raviver d’anciennes blessures ou rivalités.
La thérapie de fratrie repose sur la présence des frères et sœurs concernés par le travail. Elle offre un espace où chacun peut exprimer son vécu, mais aussi entendre celui de l’autre. Ce dialogue constitue l’un des leviers essentiels du changement : il permet que puissent être entendus des vécus parfois très différents d’une même histoire, que certaines blessures ou injustices puissent être reconnues et que chacun puisse progressivement regarder autrement sa propre place et celle de l’autre.
Il ne s’agit pas de parvenir à une version commune du passé ni de déterminer qui a raison mais de rendre possible un dialogue plus authentique. C’est parfois dans cette reconnaissance réciproque que la relation peut commencer à se transformer.
Comprendre plutôt que désigner un responsable
Mon approche de la thérapie de fratrie est principalement systémique et contextuelle. Elle porte une attention particulière aux places de chacun, aux loyautés familiales, aux questions de réciprocité et de justice relationnelle ainsi qu’à ce qui a pu se transmettre ou se répéter au fil des générations.
Il ne s’agit pas de décider qui a raison ou tort, ni de contraindre des frères et sœurs à se réconcilier.
Le travail vise plutôt à permettre à chacun de mieux comprendre ce qu’il a vécu, ce qu’il continue parfois à porter et ce qui se rejoue aujourd’hui dans la relation.
Parfois, cela permet de retrouver un lien différent. Parfois, cela aide à poser des limites ou à trouver une distance plus juste. Dans les deux cas, l’enjeu est de pouvoir sortir autant que possible des rôles et des blessures qui maintiennent la relation prisonnière du passé.
Thérapie de fratrie à Diegem, près de Bruxelles
Je suis psychothérapeute conjugale et familiale et j’accompagne depuis près de vingt ans des personnes, des couples, des familles et des fratries confrontés aux difficultés relationnelles et aux événements qui viennent bouleverser les liens.
Les consultations de fratrie ont lieu à Diegem, près de Bruxelles et peuvent également, lorsque la situation s’y prête, être organisées en ligne.